Août 2020- Dans un contexte où le voyage est assez compliqué, nous avons décidé de partir vers l’est de l’Europe. La Slovénie nous faisait de l’œil depuis un moment. Secrète, peu fréquentée, pleine de nature, paysages époustouflants et pistes d’offroad à foison. À 2 petits jours de route de chez nous, nous n’avons pas hésité longtemps tout en étant vigilants à l’évolution de la situation sanitaire en France et sur place.

L’avantage de voyager en tente de toit, c’est d’être autonome sur les trajets, les bivouacs et le programme !

Jour 1 : Sur la route d’Autriche

Avant de faire nos premiers pas en Slovénie, nous avons fait une étape en Autriche. Même si la route par l’Italie était plus courte pour nous, nous avons décidé de passer par l’Allemagne puis l’Autriche et ses jolis paysages. Les montagnes s’enchaînent ainsi que les étendues d’herbes verdoyantes. Le trajet nous paraît ainsi beaucoup moins long, nous avons presque du mal à garder les yeux rivés sur la route !

Le soleil commence à se coucher et la température baisse, nous cherchons un bivouac pour la nuit. Pour cela, pas le choix il faut monter en altitude. Après 20km dans les lacets, nous rebroussons chemin bredouilles…et décidons alors de faire une nuit en camping. Pour une vingtaine d’euros, nous avons un emplacement herbeux avec vue sur les magnifiques sommets autrichiens mais la proximité de l’autoroute et de la voie ferrée gâche un peu la partie. Après une douche chaude (payante) et un repas bien chaud, c’est l’heure de se mettre au lit pour une nuit très pluvieuse.

Camping en Autriche

Jour 2 : Premiers pas à Skofja Loka

Nous prenons le temps de replier tranquillement avant de reprendre le volant. Après avoir passé 2 tunnels et la frontière sans aucun contrôle, nous nous parons de la vignette obligatoire pour rouler sur les autoroutes slovènes. Direction la petite ville médiévale de Skofja Loka ! Déjà les premières impressions arrivent. La Slovénie ressemble à l’image que l’on en avait : de l’herbe verte à faire pâlir de jalousie la Normandie, des montagnes, des maisons aux toits de tuile rouge et des fermes partout.

Arrivés à Skofja Loka, nous nous garons sur un parking gratuit pas très loin de la gare routière. Il commence à pleuvoir et notre estomac meurt d’envie de goûter une spécialité du coin ! Nous trouvons le Dr Pepet, un petit resto à l’ambiance vintage qui sert des plats du jour pour quelques euros. Nous commandons du Goulash au poulet – légumes et 2 bières. C’est copieux, très bon et pas cher. Un plat plutôt hivernal mais qui réveille les papilles au milieu de la collection de vieux transistors du resto.

Château de Skofja Loka, Slovénie
Château de Skofja Loka

En sortant du Dr Pepet, il ne pleut plus et nous réalisons que nous sommes au pied du château de la ville. Nous déambulons tranquillement dans les anciennes ruelles allant de places en places avant de reprendre la route.

La soirée arrive, nous montons sur les hauteurs pour trouver notre spot de bivouac pour la nuit. Après avoir profité de quelques kilomètres de piste, nous trouvons une clairière ombragée et à l’abri des regards. Le camping sauvage est interdit en Slovénie, les habitants ont la réputation de chasser les campeurs en menaçant d’appeler la police. Alors même au milieu de nulle part, nous nous attendons à devoir replier rapidement. Et pourtant, malgré les nombreuses personnes croisées sur le chemin d’à côté, personne n’est venu nous déloger !

Jour 3 : Rando dans les Alpes Kamniques

La nuit fût finalement très calme mis à part quelques chevreuils qui se sont manifestés, mais après tout, on les comprend : “qui sont ces drôles d’étrangers qui dorment sur nos terres” !

Ce matin, direction la montagne pour une randonnée vers la cascade d’Ogrlice. Après moins d’une heure de marche à l’ombre de la montagne et en longeant le lit de la rivière, nous atteignons la base du torrent qui est sec ! Un peu déçus par ce que l’on voit, nous décidons d’escalader quelques roches pour s’approcher au plus près de la cascade…ou plutôt du léger filet d’eau qui en coule.

Nous rebroussons chemin et prenons le temps de suivre les panneaux signalétiques qui indiquent des grottes de l’autre côté de la rivière. Aucune difficulté à traverser puisqu’elle est à sec ! Nous découvrons alors des ex-votos, photos et stèles de l’époque de la Seconde Guerre Mondiale lorsque la Slovénie résistait aux Italiens et Allemands et se battait pour sa liberté. Face à des entrées de cavités qui filent sous la montagne, on imagine avec gravité ce qui a pu se passer ici au siècle dernier. Quelques randonneurs nous abordent en Slovène mais malheureusement ils ne parlent pas anglais… Difficile alors de communiquer. La randonnée est jolie et facile d’accès. Nous décidons d’y faire un pique-nique avant de partir vers la petite ville de Kamnik.

Nous nous stationnons sur le parking du cimetière, sur les hauteurs de Kamnik et descendons à pied sous un soleil de plomb vers le centre du village. C’est désert. La particularité de la ville sont ces enseignes de guildes et métiers dans la rue principale qui font remonter dans le temps. Mais les commerces sont fermés et nous ne voyons presque aucune enseigne. Nous montons alors à l’ancien château, le Mali Grad pour profiter d’une vue sur les Alpes Kamniques et les toits rouges de la ville : la carte postale de la Slovénie !

Kamnik, Slovénie
Kamnik, Slovénie
Kamnik, Slovénie

Nous repartons pour quelques kilomètres en offroad à plus de 1000m d’altitude. Là haut, on profite de la vue par ce beau temps.

À l’heure de trouver un bivouac, ça se complique. Nous avons repéré un camping à Morizje, au bord de la rivière. On s’y voit déjà se baigner par cette forte chaleur ! Arrivés au Kamp Menina, nous faisons demi-tour aussi sec ! C’est noir de monde, on se croirait dans un village vacances ! Les emplacements sont beaucoup trop rapprochés à notre goût, on oublie la baignade dans la rivière et on repart. Un peu dépités, nous cherchons dans l’application Maps.me un autre camping à proximité et nous trouvons une perle rare à moins de 5km !

Le Forest Camp Morizje se trouve dans une forêt, au calme. De grands emplacements éloignés les uns des autres et peu de monde. Le camping se veut écolo. On y trouve des douches écologiques en pleine nature, des espaces communs avec tout le nécéssaire et que dire de l’accueil ! À l’enregistrement, on nous offre un verre de schnaps ! Sur notre emplacement, on regarde le soleil se coucher après avoir savouré un apéro mérité.

Forest Camp Morizje, Slovénie
Forest Camp Mozirje

Cerise sur le gâteau, le camping est au bord de la rivière !

Slovénie

Jour 4 : Prendre de la hauteur sur le massif du Pohorje

Nous payons 28€ pour la nuit passée et filons au supermarché Tus pour un ravitaillement avant de partir en bivouac dans la montagne. Depuis plusieurs jours, une petite fuite sur le 4×4 nous inquiète. Histoire d’être rassurés pour la suite du voyage, nous nous arrêtons dans un garage à Sostanj. Et là, nous découvrons la gentillesse slovène dans toute sa splendeur. Nous arrivons sans rendez-vous, le garagiste ne parle pas très bien anglais et n’est pas équipé pour les 4×4, il prend toutefois le temps de nous aider. Après une petite vérification des boites (en fait tout allait bien !), le garagiste refuse que l’on paye son intervention ! Une anecdote improbable en France mais en Slovénie si !

Après un rapide pique-nique au bord de l’eau sur la route vers Mislinja, nous prenons une piste jusqu’à Resnik et nous montons vers Rogla. Nous avons entendu parler de cette grosse station de ski réputée en Slovénie entourée de lacs naturels. Là-haut, il y a beaucoup de monde (trop pour nous), et les lacs sont minuscules. Alors nous nous enfonçons un peu plus sur les pistes et chemins pour trouver un bivouac reculé. Nous avions repéré une clairière mais, arrivés face à l’entrée du chemin, un tas de terre volontairement déposé nous empêche d’emprunter la piste. Il nous faut trouver un plan B, après 5km d’offroad en pleine forêt, nous tombons sur un cul de sac (un arbre est tombé sur la route) dégagé et ensoleillé. Une aubaine pour installer le camp !

Il est encore tôt alors nous décidons de partir en randonnée vers Crno Jezero “le lac noir” en Slovène. À vol d’oiseau, nous sommes seulement à quelques kilomètres. Nous coupons à travers la forêt, à l’affût des bruits et traces d’animaux. N’oubliant pas que nous sommes dans le pays de l’ours ! Le lac apparaît, entouré de marécages. Son nom semble venir de la couleur de son eau très sombre. C’est un endroit paisible et isolé, nous profitons pleinement de ces moments au coeur de la nature, loin des actualités peu réjouissantes de 2020…

Retour au camp pour une douche en pleine nature avant de terminer la journée par un bon petit plat. Avant de nous coucher, nous apprenons que la Slovénie vient de passer les ressortissants français en liste rouge. Plus possible de rentrer dans le pays sans mise en quarantaine. Par chance, nous sommes déjà là depuis plusieurs jours et pour éviter d’être invités à quitter le pays, nous avions gardé des tickets de caisse qui le prouvent. Finalement nos craintes n’auront pas lieu d’être, les slovènes ne sont pas inquiets par rapport à notre nationalité et nous n’avons eu aucun contrôle durant tout notre voyage.

Jour 5 : City day à Maribor

Peu avant de quitter le bivouac, nous rencontrons des slovènes qui cherchent le lac noir. On les renseigne avec plaisir, fiers de pouvoir les aider !

Ce matin, nous nous attaquons à la randonnée de la Cascade de Sumik. Rapidement la randonnée tourne à la via ferrata ! Le dénivelé est important pour descendre au pied de la cascade et le parcours glissant le long de la roche. Heureusement des câbles métalliques guident les randonneurs en toute sécurité. La cascade de 24m de hauteur est impressionnante, et nous avons adoré crapahuter pour y accéder plutôt qu’une randonnée classique et simple. L’aller retour se fait en un peu plus d’une heure. Le retour malgré le dénivelé montant est presque plus facile que la descente.

Le reste de la journée sera consacré à la découverte de la ville de Maribor, deuxième ville du pays située au Nord-Est. On rejoint la ville par la piste. Avant de s’aventurer avec Pumba dans la ville, nous décidons d’abord de nous installer au camping pour profiter de l’après-midi sans voiture. Nous repérons le camping Kekec. À l’accueil, on nous donne toutes les indications pour visiter Maribor et comment y aller en transport en commun : très sympa ! Après une vingtaine de minutes en bus, nous arrivons dans le centre ville où il fait terriblement chaud ! Nous cherchons les trottoirs à l’ombre en faisant le tour des principaux monuments : La grande place, le monastère, la vieille vigne de 400 ans qui produit encore du vin (jusqu’à 25l /an !). Tout ceci se trouve dans le vieux quartier du Lent, le long des berges de la Drave.

Nous marchons jusqu’au parc municipal Mestni où ont lieu de nombreuses animations, il faut dire que nous visitons Maribor en plein “Festival Lent” qui célèbre le folklore, la culture et la musique. Pour finir l’après-midi, nous nous accordons une boisson fraîche avec vue depuis le rooftop Luft 360. Le cadre est très sympa avec une belle déco et des cocktails pas chers et délicieux ! Nous restons un moment pour profiter de l’air d’en haut avant de redescendre prendre le bus n°6 qui nous mène jusqu’au camping pour 2€ le trajet / personne. Pour la soirée, nous testons la traditionnelle pizza (notre challenge de goûter une pizza dans chaque pays visité!) en terrasse à quelques minutes à pied du camping. Mais c’était sans compter sur l’orage et le vent qui arrivent et qui nous obligent à plier boutique à l’intérieur du restaurant. Les pizzas sont immenses (32cm), on a du mal à les finir. Nous rentrons vite nous abriter dans la tente avant que la pluie n’arrive dans la nuit.

Jour 6 : Les spécialités d’Idrija

Aujourd’hui, on traverse le pays pour rejoindre la ville d’Idrija, à l’Ouest. Nous ne tardons pas à replier la tente, et après quelques courses et 2h30 de route par l’autoroute, nous atteignons notre objectif.

Nous déjeunons dans une Gostilna (auberge) pour goûter la spécialité d’Idrija : les zlikrofi. Pour 20€, nous dégustons chacun une assiette de ces petits raviolis farcis à la pomme de terre et à l’oignon accompagnés d’une sauce ou d’une viande au choix. C’est très nourrissant surtout par un temps caniculaire mais c’est bon ! Le nom du resto ? Gostilna Pri Skafarju

Zlikrofi à Idrija

Après ce bon plat typiquement slovène, notre curiosité nous pousse à aller voir le musée de la Mine de Mercure d’Idrija. Des mines qui ont valu le classement d’Idrija au Patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est le 2ème gisement de mercure au monde derrière l’Espagne. Tellement unique, que nous décidons de suivre la visite guidée et de descendre dans la mine. À environ 80m sous terre, le guide nous emmène à travers diverses galeries et nous explique les différentes techniques d’extraction du mercure. C’est très intéressant mais aussi très physique car il y a beaucoup de marches à monter pour retourner à la surface. Les mines ont fermé dans les années 1980 laissant un gruyère de 700km de galerie dans le sous-sol de la ville. Nos 26€ dépensés pour la visite et les audio-guides valent clairement le coup ! Un incontournable pour nous en Slovénie.

Un peu trop optimistes, nous décidons de longer la belle rivière Idrijsita Bela et ses eaux turquoises pour trouver un bivouac. Nous sommes un dimanche et les slovènes sont au rendez-vous ! Nous n’arrivons pas à trouver une place pour nous stationner et prendre les ponts flottants qui invitent à la promenade… La route est magnifique mais c’est frustrant de ne pas pouvoir s’arrêter. Aucune piste ne monte sur les hauteurs, c’est une impasse. Vers 17h30, nous décidons de reprendre la trace pour s’éloigner des routes principales. Après 1h de route et pas mal de désillusion sur les emplacements potentiels de bivouac trouvés sur le chemin, nous plantons les sardines dans un vieux chemin abandonné et sans issue. La nuit est venteuse et de la pluie est annoncée mais ce n’est pas ça qui va nous réveiller au petit matin…

Voir la partie 2 de notre roadtrip en Slovénie : La vallée de la Soca

Voir la partie 3 de notre roadtrip en Slovénie : de Bled à Ljubljana (à venir)

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